TINTIN AU COMBO

By matthieu on November 29, 2011 in Points de vue
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Mea Culpa Tonton Steven !

Aujourd’hui, je dois me confesser.

Je me suis trompé,
tu m’as détrompé.
Je croyais savoir,
tu m’as renvoyé mon ignorance au visage.
J’aurais voulu écrire du mal,
tu me fais écrire du bien.

Car oui, Steven, j’avais déjà en tête les premiers mots, les premières tournures de phrases d’une future critique dégoulinante de mauvais esprit, de vilains jeux de mots et autres outils dont je me serais servi pour montrer au monde -ou plutôt au peu de lecteurs de ma chronique-, à quel point mon avis aurait été intéressant et différent du grand public lambda (non, je ne fais pas de pub pour relancer la participation googlique du Studio Lambda)…

Alors, tout en ne sachant pas à quel point je m’égarais du droit chemin, à quel point je m’enfermais dans un exercice maléfique de destruction de l’art, je me suis convaincu d’aller voir Tintin en 3D, en VO et aux halles!

L’intelligence a de biens vils atouts : je trouve la 3D ridicule et inutile (à l’exception de Pina et Piranha 3D). L’idée d’entendre “Tinetine” et “Snowy” pendant deux heures me faisait retarder tous les jours la date de la séance, et enfin, voir du marketing cinématographique aux halles me paraissait le comble, à combler.

Pour conclure sur mes erreurs de spectateur mal-averti, j’étais déjà convaincu avant de mettre les lunettes (que j’avais oublié chez moi et que j’ai donc du repayer un euro à Mr UGC), que faire bouger Tintin, en 3D, en animation, avec des voix d’acteurs connus et reconnus, me paraissait d’une faute exceptionnelle.

M-E-A C-U-L-P-A Padre !

Alors que l’on m’annonçait il y a quelques temps la révolution cinématographique avec Avatar, c’est bien dans Tintin que je l’ai trouvé ! Tu n’y es pas allé de main morte Steven, en prenant le risque (un risque à 135 millions de dollars, excusez du peu !) d’allier l’animation, avec du jeu de vrais acteurs, le tout en 3D ! Cela donne un résultat sublime et dépassant toutes attentes : Tintin est crédible, le jeu est juste, les images majestueuses.

La barre est haute pour Mr Jackson…
Mais là où tu m’empêches encore de dormir avec mon erreur de jugement (chose qui peut m’arriver de temps à autre, je l’admets) : tu ne t’es pas contenté d’offrir aux futurs cinéastes une nouvelle palette (chose qui t’es déjà arrivé par le passé, je l’admets aussi).
Non, tu es allé plus loin en t’attaquant à Tintin, et en ne trahissant pas son âme. Au contraire, tu la transcendes. Tu y apportes ta patte (de Milou, alias Snowy).

On dit souvent que chez toi, c’est une idée par plan. Ce n’est pas vrai. Hier, j’en ai vu quinze par plan (précisions que je n’ai que des yeux d’amateurs face à cet éblouissant spectacle).

Alors, tu t’es accaparé mon épisode préféré des dessins animés de mon époque, celui de la Licorne… J’attendais la célèbre et délicieuse (bien que nostalgique) musique de générique de début. Avec tes valises de dollars, tu aurais pu la racheter, la bidouiller et la transformer en un clin d’œil de plus (notons celui très sympathique de Jaws, avec la houpette de Tintin). Il n’en est rien, tu as confié la tâche à John Williams, qui nous fait rêver, rerêver, rerererêver du temps où il créa ces thèmes qui nous restent (des histoires de sabres lasers à celle de sables et de mer).

Enfin, bien sûr, je n’ai pas tout aimé. Tu n’as pas fait non plus strike dans mon cœur, et tu resteras toujours un peu pour moi un Will Smith de la réalisation, un Luc Besson américain, un vendeur au pays du rêve…

Dommage par exemple d’avoir réduit le personnage d’Allan à ce sous-méchant sous-fifre, alors qu’il était autrement plus captivant, voir attachant, dans l’œuvre d’Hergé.
On pourrait aussi critiquer le fait de n’avoir gardé d’Hadock que l’odeur de l’alcool et ses visions hallucinatoires.
Que dire enfin de Rackahm le Rouge, peu intéressant en sosie du méchant moderne…

Mais je ne gâcherai pas cette confession nocturne (j’ai vérifié, sans ‘s’, il n’y a pas de copyright Diam’s). Je n’aimais pas ton cinéma récent, je n’aimais pas beaucoup non plus ton héros au chapeau qui courre entre les balles des nazis, mais j’ai adoré Tintin!

Pardonne moi Seigneur, je ne savais pas ce que je faisais…

Et puis, bon, Tintin, c’est de la balle. Je dirais même plus, Tintin, c’est de la bombe !

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